Bénédiction de la statue de sainte Ursule à la cathédrale de Clermont le dimanche 3 novembre 2019


À la Cathédrale,
la statue de sainte Ursule sera bénie
le dimanche 3 novembre 2019 à la fin de la messe de 18 h 30

Pendant longtemps on a pensé qu’il s’agissait de sainte Marie Madeleine. Mais le manteau royal d’hermine et la couronne pouvaient en faire douter ! Il s’agit en fait de sainte Ursule, vierge et martyre, dont la vénération se répand en Europe autour du VIe/VIIe siècle.

Pourquoi une statue de sainte Ursule à la cathédrale de Clermont ?

Qui était Ursule ? Nous ne la connaissons que par des traditions orales appuyées sur quelques faits historiques ponctuels… Peut-être fille d’un roi breton, à la fin du IIIe siècle ou du Vie, Ursule est promise en mariage à un prince païen qu’elle refuse d’épouser car elle veut garder sa virginité pour Dieu !

De retour d’un pèlerinage à Rome, elle est massacrée, sur les bords du Rhin, sans doute par les archers d’Attila, avec ses onze compagnes [certaines versions en comptent onze mille, sur la foi d’une inscription mal lue : XIMV onze martyres vierges, lue onze mille vierges!]. Son corps est recueilli à Cologne [Allemagne] dont elle devient la sainte protectrice.

Au XVIe siècle, dans une Italie où le raffinement et le luxe de la renaissance cachent la misère, la guerre, les épidémies, l’Église connaît des heures sombres : incroyance, corruption et mœurs dépravées dans le clergé, divisions de la Réforme mais aussi des fraternités nouvelles – surtout composées de laïcs – qui ravivent la foi et la solidarité… C’est dans ce contexte qu’Angèle MERICI voit le jour à Brescia, sur les bords du lac de Garde. Mystique quasi inculte, comblée de grâces et pleine de bon sens, Angèle fonde en 1535 une « Compagnie » de femmes et de jeunes filles, qui se consacrent à Dieu mais restent « dans le monde » en se dévouant à l’éducation des enfants et des jeunes filles. C’est une sorte d’Institut séculier avant la lettre. Angèle met sa Compagnie sous le patronage de sainte Ursule. Avec le Concile de Trente, cette Compagnie devient l’Ordre des Ursulines  qui se répand en Italie et en France.

Et en 1615, une jeune femme d’Ambert, Antoinette MICOLON fonde à Clermont, rue du Bon Pasteur [derrière la Cathédrale] le premier monastère d’Ursulines en Auvergne. En 1656, la supérieure, sœur Marie de Saint-Joseph DUBOST commande à deux maîtres sculpteurs de Riom, Jean et Guillaume LANGUILLE un retable et deux statues, de sainte Ursule et saint Augustin pour l’église des Ursulines.

La Révolution disperse les Ursulines ; leur monastère est saccagé et servira bientôt de dépôt /magasin pour les mobiliers confisqués aux communautés religieuses et destinés à la vente ou la distribution. Le retable et les statues sont du nombre.

En 1798, à la demande de l’évêque constitutionnel Jean-François PÉRIER, retable et statues sont installés à la cathédrale ! La statue de sainte Ursule a perdu la palme du martyr qu’elle tenait dans sa main droite et la flèche qu’elle avait dans le coeur. Le retable est visible aujourd’hui dans la première chapelle à droite du déambulatoire.

En 1808, les Ursulines dispersées se regroupent dans l’ancienne abbaye bénédictine de Saint-Alyre; elles y sont encore aujourd’hui. La statue de sainte Ursule, elle, reste à la Cathédrale !

Par Soeur Saint Jean-Baptiste, religieuse ursuline de Saint-Alyre