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Saint-Genès-les Carmes, l’église et ses vitraux : une conférence du 7 décembre 2017


Pourquoi ce nom ? Depuis le Moyen-Age coexistaient la paroisse Saint-Genès et le couvent des Carmes. A la Révolution, la vieille église romane de Saint-Genès, située à l’emplacement de la Place Renoux, fut entièrement démolie. Lorsque le culte fut rétabli en 1802, la paroisse de Saint-Genès qui occupait la partie sud de la ville à l’intérieur du tracé des anciens remparts, avait besoin d’une église. Quatre particuliers acquirent alors la chapelle Saint-Anne du couvent des Carmes, sise en bordure de la rue Neuve des Carmes, et la mirent à disposition de la paroisse. Cette église prit désormais le nom de Saint-Genès-les-Carmes.

Dans un premier temps, le public est appelé à découvrir l’histoire de ce quartier de Clermont qui portait le nom du grand évêque arverne saint Genès (v. 600-662) et celle de l’installation, non sans péripéties, en 1288, entre les rues Abbé-Girard et Grégoire de Tours actuelles, des frères Carmes, ordre mendiant fondé au XIIe siècle au Mont-Carmel, en Terre sainte.

En 1329, les Carmes décident de construire l’actuelle église en plusieurs étapes qui se succèdent jusqu’en 1472, date à laquelle l’évêque Jacques de Comborn consacre la chapelle conventuelle à sainte Anne. Les frères vont faire le choix de l’architecture gothique méridionale présentant une nef unique contrebutée de puissants contreforts, à croisées d’ogives, d’une hauteur presque égale à la largeur et permettant excellente acoustique et intimité. La décoration est très sobre, réduite à quelques chapiteaux dans le chœur, des écussons et le portail flamboyant. Au XVIe siècle, l’église est agrandie par des chapelles ouvertes dans les contreforts et une tribune est édifiée pour supporter un orgue. La décoration est très sobre. Seules les colonnettes du chœur pentagonal présentent des petits chapiteaux à feuilles et les voûtes, un ensemble d’écus des familles donatrices. Des écussons se retrouvent également dans les chapelles de nef.

Après la Révolution, l’église, qui avait servi d’entrepôt de fourrage et se trouvait démunie de son mobilier, fait l’objet de restaurations importantes tout au long des XIXème et XXème siècles. Le portail Nord accédant au couvent est transféré au Sud. L’architecte Mallay construit en 1845, le clocher actuel sur l’ancienne chapelle Saint Blaise. Le prestigieux facteur alsacien J. Callinet installe l’orgue en 1844. C. Michel-Merklin le porte à 38 jeux en 1899. De grands organistes viendront y jouer : Marcel Dupré, Gaston Litaize, Marie-Claire Alain. Le sculpteur clermontois Mombur réalise les boiseries du chœur, le maître-autel et les autels des chapelles selon les dessins de l’architecte Jarrier.

L’église est éclairée par de grandes fenêtres en ogives dont les vitraux colorés ont été réalisés entre 1840 et 1875. Ce bel ensemble dû à Emile Thibaud, peintre-verrier clermontois installé rue de la Treille, et complété par Charles Desgranges, puis Champrobert et Chatain. Dans le chœur, le programme illustre la continuité de l’histoire sainte : autour de Jésus-Christ et de Marie, se tiennent Noé, Abraham, Elie (vénéré par les Carmes), le roi David, Isaïe et Jean-Baptiste, puis les quatre évangélistes, Jérôme et des saints évêques. En revanche, dans la nef, des paroissiens ont commandé divers vitraux figurant les saints auquels ils étaient attachés et ont fait apposer leur nom ou leurs armoiries.

La plupart des peintures murales ont été refaites au XIXe siècle, mais il faut noter une représentation à fresque de Saint Jean de La Croix de la fin du XVIIe siècle et des peintures murales de Louis Dussour (1905-1966).

En complément de la conférence, une visite guidée de l’église est prévue en juin prochain.

Conférence donnée dans le cadre des Rencontres de Saint-Laurent par Brigitte FRAY-LEPOITTEVIN (docteur en histoire médiévale, Université Paris I – Panthéon-Sorbonne) et Françoise GIBERT (certifiée en Patrimoine Religieux de l’ISTA-Institut Catholique de Paris).

Photographies © Paroisse Notre-Dame de Clermont : extérieur (portail et chapelles), intérieur – chœur et tribune, Saint-Genès (portail), vitraux du chœur, Sainte Anne, Saint Genès, carme et scapulaire, Cène, peinture de Dussour.