Ces saints qui ont vécu de grandes épreuves – Perpétue et Félicité, et José Sanchez del Rio, martyrs


Images © josedelrio.org et Enluminure Missel romain XIVe siècle

 

Tous les âges peuvent développer la sainteté ! Y compris la jeunesse.
Et en cette semaine où le Christ nous montre qu’« il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », voici trois jeunes martyrs. A près de vingt siècles de distance, tous les trois ont préféré donner leur vie plutôt que de renier leur foi chrétienne.

Félicité et Perpétue, celles que l’on nomme pendant la messe, à la Prière Eucharistique n° 2, qui les connaît un tant soit peu ? Et pourtant, quel exemple de courage, quel exemple de foi confiante !

Tout début du 3e siècle, l’empereur Septime Sévère règne en souverain tyrannique ; il n’a de cesse de persécuter à mort les chrétiens. Issue d’une famille patricienne, Perpétue a 22 ans. Félicité est une jeune esclave de 20 ans . Toutes deux se sont connues comme catéchumènes et ont été baptisées par l’évêque de Carthage. Elles n’ont pas peur de témoigner de leur foi au Christ ressuscité. Dès lors, c’est l’arrestation, avec d’autres chrétiens ; puis des mois de prison, de mauvais traitements, de tortures, pour les faire renier leur foi. Sans succès. Alors elles sont condamnées à mort, c’est-à-dire à être livrées aux bêtes !…

Félicité est maman d’une petite fille qu’elle nourrit encore. Son mari la supplie, à cause de leur enfant. Félicité ne renonce pas.

Perpétue, elle, est enceinte. Or la loi romaine interdit de mettre à mort une femme enceinte, et les Romains sont très respectueux des lois, même pour une chrétienne… Qu’à cela ne tienne : on attendra que l’enfant soit né. Arrive le moment de la naissance : une prison n’a rien d’une maternité confortable ; et Perpétue ne peut s’empêcher de gémir et les soldats-gardiens de se moquer : « tu cries ! ma pauvre, ce sera bien pire quand tu seras sous la dent des bêtes ! ». Et Perpétue de répondre : « maintenant, c’est moi qui souffre ; alors, un Autre souffrira en moi ! » Pauvres soldats qui ne comprennent pas. Un petit garçon vient au monde, qui sera adopté par une jeune femme chrétienne. Perpétue, comme Félicité et leurs compagnons sont conduites dans l’arène. Des témoins diront leur étonnement : « leur visage était marqué non par la peur mais par la joie ! ». Enveloppées dans un filet, elles sont livrées à une vache furieuse … qui ne parvient pas à les tuer. On les achève d’un coup de glaive. Très vite on vient prier près de leur tombe et leur vénération se répand.

Nous connaissons les détails par un des premiers textes chrétiens transmis par la tradition: « La passion de Perpétue » ; la jeune femme écrivit elle-même le récit de ce qui a eu lieu en prison ; un chrétien anonyme recueille ce texte et le complète par le récit de la mort.

José Luis del Rio
Au Mexique entre 1926 et 1929, des nobles et des paysans catholiques se soulèvent contre un pouvoir injuste qui vient de prendre des lois anticatholiques très dures. Les révoltés prennent le maquis, derrière le général Enrique Gorostieta. Parmi eux, un enfant de 12 ans José-Luis qui veut suivre ses grands frères. Trop jeune pour porter les armes, il portera le drapeau! A Rome, le Pape Pie XI vient d’instaurer la fête du Christ Roi. « Vive le Christ-Roi » c’est leur cri de ralliement, et eux les Christeros.

José-Luis porte la bannière de Jésus au coeur des batailles, distribue la communion, prie la nuit, réconforte les soldats en commentant l’évangile… Sa foi, son courage et aussi sa beauté enthousiasment les troupes. Un jour, bien sûr, il est pris ; il doit renier sa foi publiquement. Il refuse. Il aime le Christ, il l’aime depuis son enfance, il l’a aimé dans ses prières, à chaque minute de la liturgie, dans l’adoration de l’eucharistie, et dans chaque malade, chaque pauvre qu’il cherchait à secourir.
José-Luis est battu, puis torturé. Il ne renie pas. On lui annonce son exécution et que sa mère sera là. Il ne renie pas. Il doit creuser sa tombe et on lui demande de renoncer à sa foi. Il ne renie pas. Mais il crie « Vive le Christ Roi ». On amène sa mère au bord du trou. Elle ne dit rien, pour lui laisser jusqu’au bout sa liberté et sa force ; elle lui sourit seulement. José-Luis lui rend son sourire et crie encore : « Vive le Christ-Roi ». Il continuera de le crier jusqu’à ce que les balles le fassent taire et tomber dans le trou le 10 février 1928. Il allait avoir 15 ans.
Béatifié par le pape Benoît XVI, il a été canonisé le 16 octobre 2016 par le pape François.

La guerre des Chriteros cessa, en apparence, le 27 juin 1929, laissant plus de 250000 morts. Une épuration sanglante reprit contre tous ceux qui ne purent s’enfuir aux Etats-Unis. 5000 catholiques furent encore assassinés dont 40 prêtres. Il ne restera au Mexique que 45 prêtres, sur les 4500 qui officiaient avant la venue au pouvoir de Plutarco Calles.