Ces saints qui ont vécu de grandes épreuves – Saint Jean Bosco, « l’intendant du ciel »


Don Bosco avec des enfants © Salésiens Don Bosco, Librairie digitale↗︎

 

Aujourd’hui les enfants et les jeunes sont au coeur du souci des adultes, parents , enseignants, éducateurs, médecins, politiques, journalistes… La jeunesse est en danger, on le sait et on veut agir; même si tous ne sont pas d’accord sur les moyens d’action, on veut agir.
Au XIXe siècle aussi la jeunesse est en danger, par la misère, l’ignorance, le travail et l’exploitation des enfants … Mais qui en a vraiment souci ? Quasiment personne sinon quelques hommes ou femmes généreux, émus par cette situation et qui vont, à la lettre, consacrer leur vie à cette jeunesse.
Ainsi de saint Jean Bosco, Dom Bosco pour toujours. 

Jean naît en 1815 dans un modeste village du Piemont, non loin de Turin. L’ombre de Napoléon plane encore mais l’autorité autrichienne a été rétablie. Les parents Bosco et leurs trois garçons ne sont pas riches, et le père meurt alors que Jean n’a que deux ans . Très vite il va aider sa mère et son frère aîné aux champs et dans les travaux agricoles. Il reste du temps cependant pour la « piété », et celle de l’enfant est exemplaire ! Et il entraîne les camarades de son âge, pour jouer comme pour leur répéter les sermons que son extraordinaire mémoire lui fait enregistrer précieusement… Il veut étudier mais … il est pauvre ! Alors, pour payer ses études il se « loue » comme palefrenier puis comme serveur d’auberge ; mais il veut devenir prêtre et bientôt il se fait apprenti, chez un menuisier, et un forgeron et encore un cordonnier.

Ordonné prêtre en 1841, c’est à Turin que commence son ministère ; son curé l’emmène parcourir les « banlieues » : profondément ému par la rencontre de nombreux jeunes vagabonds errants sans toit, sans foi, sans loi ! Il décide de les aider et tente de les approcher. Echec sur échec ! Jusqu’à la rencontre de Barthélémy Garelli, un jeune ouvrier qui vient le trouver à la sacristie.

Commence alors le labeur de toute sa vie . Il ouvre un « refuge » pour les jeunes vagabonds : les nourrir, les loger, les vêtir… et les instruire intellectuellement et spirituellement. Jean devient « l’intendant du Ciel » selon l’expression de J. de la Varenne, pour subvenir à tous leurs besoins. Sept aux premiers jours , en quelques mois ils sont six cents ! Jean a trouvé des aides tous azimuts, et d’abord Maman Marguerite, sa mère, qui cuisine la polenta et ravaude les vêtements. Le refuge a déménagé , s’est agrandi ; c’est désormais le « Valdocco » un centre de jeunes… hélas, des « voyous » aux yeux de l’entourage qui n’aime guère le jeune prêtre et ses amis. Jean Bosco, que désormais tous appellent Dom Bosco est l’objet de calomnies, de menaces et même de tentatives d’assassinat… Et voici qu’en 1854 une épidémie de choléra ravage Turin ; avec les aînés de ses « voyous », Dom Bosco organise des équipes de brancardiers et de soignants qui se déploient dans toute la ville, surtout les quartiers pauvres. Et plus personne n’osera parler de voyous . Aucun d’eux ne sera contaminé !

Don Bosco comprend vite qu’il faut donner aux jeunes une formation afin qu’ils aient un vrai métier. Il ouvre des « ateliers », il recrute des bénévoles pour les encadrer, puis en 1854 il met en œuvre son grand projet : la fondation, avec dix sept jeunes, de la Société de saint François de Sales, pour former des prêtres éducateurs. Les « Salésiens ». Et deux ans plus tard celles des Filles de Marie auxiliatrice, les Salésiennes. De François de Sales, Dom Bosco aime particulièrement la douceur, pour tous deux l’autre nom de la charité ; il se souvient que, lorsque François de Sales fut envoyé prêcher sur les terres calvinistes, il dit :« C’est par la charité qu’il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu’il faut l’envahir, par la charité qu’il faut la reconquérir. » Remplacez Genève par jeunesse, et vous avez le secret de Dom Bosco, qui veut apprendre aux Salésiens non pas à réprimer mais bien à prévenir. Aujourd’hui la formule semble banale, à son époque il fallait du courage pour le dire et surtout le mettre en pratique. Du courage, et une confiance affectueuse mais vigilante, ce que Dom Bosco cultive envers et contre tout, y compris l’incompréhension de son évêque… Mais ses idées se répandent en Europe, on demande des Salésiens dans plusieurs pays … Dom Bosco peut quitter ce monde rassuré sur l’avenir de ces jeunes auxquels il a tant donné. Il meurt le 31 janvier 1888.

Pie XI le canonise en 1934. En 1958, Pie XII le déclare patron des apprentis. Don Bosco est fêté le 31 janvier.

Don Bosco sur un chantier © Salésiens Don Bosco, Librairie digitale