Ces saints qui ont vécu de grandes épreuves – Sainte Rita de Cascia, la sainte « des causes désespérées »


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Il est peu d’églises ou de chapelles qui n’offrent une statue de Sainte Rita à la piété populaire.
Pourtant, les « sages et les savants » se gaussent volontiers de cette simple paysanne, tant vénérée pour …son influence sur l’impossible !

Dans l’Ombrie du 15e siècle fleurissent les artistes et les saints ! La guerre, les guerres se font plus loin, dans le Nord de l’Italie… mais la peste circule… et surtout la « vendetta », fléau plus terrible encore parce qu’il s’enracine dans le coeur des hommes.

C’est dans ce monde contrasté que grandit Rita. « Cette jeune fille anonyme de la terre d’Ombrie avait appris à avoir une tendre dévotion envers le Créateur, à force de regarder le spectacle suggestif de la chaîne des Apennins » dira d’elle saint Jean-Paul II. Rita naît en 1381 ; on ne sait pas grand-chose de ses parents, modestes paysans, sinon qu’on les appelait les porte-paix du Christ  tant ils s’activaient avec succès à réconcilier les familles malades de la vendetta. Amata a déjà la quarantaine et avec Antonio ils sont sans enfants ; or voici que le vent , dans un souffle, murmure à l’oreille d’Amata : «  ne crains rien, tu donneras le jour à une petite fille. Tu l’aimeras mais le Seigneur l’aimera plus encore. » Amata est troublée, elle juge une grossesse IMPOSSIBLE. Mais la petite fille vient au monde, Margherita pour les registres de baptême, Rita pour tous et pour toujours.

Rita grandit, elle aide ses parents aux travaux des champs et dans leurs œuvres de réconciliation. Elle aime la solitude et le recueillement, et bientôt elle désire être religieuse. IMPOSSIBLE : ses parents disent non ! Ils veulent une descendance et l’ont promise à un beau parti : jeune, beau riche !… Rita se soumet. À 18 ans, mariage puis naissance de jumeaux, Jacques-Antoine et Paul-Marie. Mais Paul Mancini n’était un beau parti que sur le papier. C’est un homme violent, autoritaire, bagarreur et ripailleur. Rita supporte mais aussi avec persévérance elle use de douceur, d’amour et de prière… L’IMPOSSIBLE se produit : Paul convertit son coeur de pierre en coeur de chair, sans haine ni colère ! Hélas, il avait semé la violence pendant des années et il récolte… son assassinat une nuit de 1412. On en ignore la raison exacte.

Voilà Rita seule avec deux adolescents qui ne pensent qu’à venger leur père. Pendant huit ans, Rita tente de les dissuader de la vendetta, et… la peste les emporte ! Rita, endeuillée de nouveau et meurtrie n’émet aucune plainte, mais ne se résigne pas pour autant. Elle continue de s’occuper des pestiférés, d’autres malades et des indigents. Et renaît son désir ardent de se consacrer au Seigneur. Elle frappe chez les Augustines. IMPOSSIBLE : pas de veuve chez nous! Et puis la vendetta qui guette les Mancini risquerait d’entrer au couvent avec Rita. Elle supplie . Bon ! Qu’elle obtienne la paix entre les deux clans et on l’acceptera. Alors Rita prie et prie, et avec patience et douceur rencontre les familles ennemies.

Et l’IMPOSSIBLE advient : devant l’évêque, les deux clans s’embrassent. Et Rita de pouvoir se consacrer à Dieu. Elle a 36 ans. Toujours douce et aimante [même sous l’autorité sèche d’une supérieure revêche], elle continue son œuvre auprès des pauvres et des haineux. Jusqu’à sa mort, en 1457. Toute la ville vient pleurer sur sa tombe. Les miracles commencent, du pardon et de la réconciliation, et tant d’autres… La voix du peuple la tient pour sainte. La vénération de Rita s’amplifie et plus encore après sa canonisation officielle par le Pape Léon XIII en 1900.

L’Église la fête le 22 mai.

En ces temps difficiles où nous avons bien des raisons d’être en colère ou agressifs, et parfois désespérés, n’hésitons pas : sainte Rita obtient l’impossible !