Décès de Mgr Hippolyte Simon, évêque de Clermont de 1996 à 2016


Photographie © Thierry Lindauer – La Montagne, 2013

Monseigneur Hippolyte Simon, archevêque émérite de Clermont, est décédé ce mardi 25 août 2020.

Né en 1944, ordonné prêtre en 1970,  Mgr Hippolyte Simon avait été nommé évêque de Clermont par le pape Jean-Paul II le 22 février 1996 et consacré en la cathédrale de Clermont le 4 mai suivant.

Devenu archevêque métropolitain de la Province d’Auvergne en 2002 suite au redécoupage des provinces ecclésiastiques en France, il avait reçu le pallium des mains de saint Jean-Paul II à Rome le 29 juin 2003.

De 2007 à 2013, il avait été vice-président de la Conférence des évêques de France dont il a été le représentant auprès de la Commission des épiscopats de la communauté européenne [COMECE] jusqu’en 2007.

En février 2016, Mgr Hippolyte Simon a présenté sa démission, pour raisons de santé, au pape François qui l’a acceptée avec effet au 17 mars 2016.

Avant de rejoindre sa Normandie natale, il remercia les fidèles diocésains lors de Vêpres solennelles↗︎ chantées pour ses 20 ans d’épiscopat dans sa cathédrale comble le 17 avril 2016.

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Les obsèques de Mgr Hippolyte Simon seront célébrées le samedi 29 août en la cathédrale de Clermont. Toutes les informations utiles seront publiées ici prochainement.

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Monseigneur Hippolyte Simon,
Archevêque émérite de Clermont

[Par Marc-Alexis Roquejoffre]

Né en 1944, à Saint-Georges de Rouelley dans le département de la Manche, de parents agriculteurs, Hippolyte Simon a été ordonné prêtre en la cathédrale de Coutances par Mgr Wicquart, le 27 juin 1970.

Après avoir été formé au grand séminaire de Coutances et de Bayeux-Lisieux, il obtient une maîtrise de philosophie à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et une autre à l’Institut Catholique de Paris.

Après avoir été successivement aumônier du lycée de Mortain [Manche], puis supérieur du séminaire interdiocésain de Caen, et enfin vicaire épiscopal à Coutances, il est nommé évêque de Clermont par le pape Jean-Paul II le 22 février 1996 et consacré en la cathédrale de Clermont-Ferrand le 4 mai 1996.

En décembre 2002, dans le cadre de la réorganisation des provinces ecclésiastiques de France, le diocèse de Clermont est transformé en archidiocèse de la Province d’Auvergne. Mgr Hippolyte Simon devient alors archevêque métropolitain de la province ecclésiastique de Clermont et reçoit le pallium, signe liturgique de « communion avec le siège apostolique », des mains de Jean-Paul II à Rome le 29 juin 2003.

Vice-président de la Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne [COMECE], de mars 2003 à novembre 2007, il a été élu vice-président de la Conférence des Évêques de France, de novembre 2007 à juillet 2013. Souvent en première ligne dans les médias, ses paroles étaient écoutées. Reconnu comme un intellectuel,il aimait échanger en public avec ses contradicteurs. Il est l’auteur de nombreuses publications.

Parmi eux, le livre le plus lu fut certainement « Vers une France païenne ». Hippolyte Simon reste le corédacteur de la « Lettre aux catholiques de France ». Avec « Vers une France païenne », il voulut aller plus loin encore.

Si le christianisme venait à disparaître de la société française, que deviendraient les valeurs fondamentales d’après lesquelles nous vivons depuis des siècles ? Que resterait-il de la laïcité ? De quelles autres croyances délétères verrions-nous l’avènement ? Et avec quelles conséquences pour notre vision de l’humanité ?

Pour François Taillandier [Grand Prix du roman de l’Académie française], qui a préfacé cet ouvrage et assuré sa réactualisation, Mgr Hippolyte Simon s’était posé ces questions « Parce que pour lui la situation de l’Église catholique en France s’était aggravée… Décryptant les crises multiples à l’œuvre dans notre pays, il discerne les symptômes d’un nouveau paganisme : peur de l’avenir, croyances irrationnelles, soumission à la fatalité au sens du fatum antique, exaltation identitaire… »

Mais son livre reste surtout un appel au réveil des chrétiens, dans le respect de la liberté des consciences, afin de retrouver la puissance de la parole évangélique qui a façonné l’histoire et la culture de l’Europe. 

Durant son épiscopat, Mgr Simon aura notamment invité les catholiques à entrer dans une démarche synodale. Trois ans de travail au cours desquels près de 10 000 personnes, regroupées en quelque 1 350 équipes synodales, auront échangé afin de redéfinir la place et le fonctionnement de l’Église diocésaine. C’est sous son impulsion que fut construit, il y a 20 ans, le Centre Diocésain de Pastorale [CDP]. Ce lieu de l’Église catholique diocésaine est rapidement devenu une passerelle entre l’Église et la société civile.

L’épiscopat de Mgr Hippolyte Simon fut aussi marqué par le souvenir de l’ordination en camp de concentration de Dachau de Karl Leisner en décembre 1944. Ce jeune allemand fut ordonné par Mgr Gabriel Piguet, évêque de Clermont et lui-même déporté à Dachau. Karl Leisner sera béatifié par Jean Paul II le 23 juin 1996, qui le donna ainsi en exemple à la jeunesse européenne.
En 2002, Mgr Piguet fut fait « Juste parmi les Nations ». Et c’est son successeur Mgr Simon qui reçut à titre posthume, la distinction de Yad Vaschem des mains de l’ambassadeur d’Israël en France.

Très au fait des moyens de communication, Mgr Simon fut l’un des premiers évêques français des années 2000 à doter son diocèse d’un site internet, d’une page Facebook et d’une web TV où il n’hésita pas à animer lui-même une émission régulière de catéchèse autour du Concile Vatican II.

Le 22 février 2016, il présentait sa démission au Pape François pour raisons de santé. L’archevêque de Clermont avait écrit sur le site internet du diocèse un message aux diocésains « Chers diocésains, je tiens à vous informer que le Saint-Père, le pape François, a accepté la démission de la charge d’archevêque de Clermont, que je lui avais présentée par lettre du 22 février 2016, pour raison de santé. Cette décision prend effet ce jeudi 17 mars à 12 heures. Dès vendredi, le collège des consulteurs se réunira afin d’élire un administrateur diocésain. Je vous remercie tous de votre communion fraternelle dans la prière et le service de l’Église. Que le Seigneur veille sur nous tous !»

Il avait quitté Clermont-Ferrand en juin 2016 à l’âge de 72 ans. Mgr Simon résidait depuis, en Normandie. Il disait de sa maladie : « Il faut vivre avec sa souffrance, faire l’expérience de la dépendance, de la fatigue, c’est surtout ça qui m’a déterminé ».

Au nom du diocèse, Mgr François Kalist, l’actuel Archevêque de Clermont a exprimé « sa tristesse et son immense reconnaissance ».

Formation

Entré au grand séminaire de Coutances, Hippolyte Simon a poursuivi sa formation au séminaire de Bayeux. Il a, par la suite, obtenu une maîtrise de philosophie à l’Institut catholique de Paris et une maîtrise de philosophie politique à l’université de Paris I [Université Panthéon-Sorbonne].

Il a soutenu son mémoire sur « Le dépérissement de l’État selon Karl Marx », qui sera la base de l’ouvrage « Chrétiens dans l’État moderne. Comment peut-on être chrétien après Marx et Hegel ? »

Principaux ministères

Il est ordonné prêtre le 27 juin 1970 pour le diocèse de Coutances-et-Avranches.

Après un premier ministère comme aumônier de lycée à Mortain [Manche], il s’est consacré à l’enseignement, tout d’abord comme supérieur du séminaire interdiocésain de Caen de 1978 à 1990, puis comme vicaire épiscopal chargé de la formation permanente des prêtres et des laïcs et délégué diocésain pour le diaconat permanent de 1990 à 1996 du diocèse de Coutances-et-Avranches. Il a été auditeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale [IHEDN] dont il a suivi la session nationale 1993-1994.

Nommé évêque du diocèse de Clermont le 22 février 1996, il a été consacré le 4 mai de la même année, des mains de Mgr Jacques Fihey dans la cathédrale de Clermont-Ferrand. Il est élevé à la dignité d’archevêque métropolitain de Clermont le 16 décembre 2002, à la suite du redécoupage des provinces ecclésiastiques en France et a reçu le pallium des mains de Jean-Paul II à Rome le 30 juin 2003.

Il a été vice-président de la Conférence des évêques de France de 2007 à 2013. Il a été par ailleurs représentant des évêques de France auprès de la Commission des épiscopats de la communauté européenne [COMECE] jusqu’en novembre 2007, date à laquelle Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg lui succède auprès de cette commission.

Prises de position

À propos des tests ADN

En octobre 2007, Mgr Simon réagit vivement à l’amendement au projet de loi sur l’immigration proposant d’introduire le recours à des tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Il explique que la paternité ne peut se réduire au lien biologique, mais est avant tout un lien d’amour. C’est d’ailleurs ce qui donne tout son sens à l’adoption.

À propos de la candidature de la Turquie à l’Union européenne

En 2004, comme vice-président de la COMECE, Mgr Simon apporte sa voix dans le débat concernant une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Il demande que l’État turc s’engage à reconnaître un statut officiel aux minorités religieuses présentes dans le pays, engagement qui « devrait faire partie des conditions préalables à l’ouverture des négociations d’adhésion ». Il existe en effet des manquements flagrants à la liberté religieuse dans ce pays.

À propos du dialogue interreligieux

En juin 2008, réagissant à une tribune de Christian Delorme, il publie une déclaration intitulée « Le dialogue interreligieux suppose et exige l’État de droit ».

Il y insiste sur l’importance de l’État de droit pour permettre et garantir les conditions d’un véritable dialogue par le respect des libertés individuelles. Par ailleurs, il rappelle que dans ce dialogue, alors que les confessions religieuses différencient les participants, c’est la citoyenneté qui constitue leur point commun.

Il parle donc d’un « trilogue »,associant l’État de droit aux acteurs du dialogue interreligieux.

À propos de l’Islam en France

En août 2016, Mgr Simon réagit dans le quotidien La Croix au sujet de la question récurrente de l’organisation par l’État de l’islam en France : « Faut-il à tout prix “un islam de France” ? »

Pour l’archevêque, c’est la compréhension de la laïcité et de la loi de 1905 qui est en jeu. La laïcité « n’est pas une question religieuse, mais une question juridique et institutionnelle. »C’est pourquoi d’ailleurs il n’y a pas plus de sens à parler de « l’Église de France ».

 

Vidéos, ouvrages et quelques déclarations de Mgr Hippolyte Simon

Le pape Benoît XVI a pris des décisions courageuses pour lutter contre les épreuves de l’Église. Il y a à la fois beaucoup de grandeur et beaucoup d’humilité dans son geste.
18 février 2013 – Renonciation du pape Benoît XVI

Le mariage pour tous ne va rien changer pour l’Église. Il y a d’un côté le mariage civil qui relève de la République, de l’autre le mariage religieux, pour lequel c’est l’Église qui détermine quelles sont les conditions et possibilités. De cette façon, ça ne changera rien pour nous.
3 juin 2013 – Mariage pour tous.

Je comprends que les citoyens qui ont, à plusieurs reprises, manifesté contre la loi sur le mariage – dit « pour tous » – soient amers d’avoir été méprisés à ce point par le président de la République et par le gouvernement. Je comprends que ces mêmes citoyens aient envie de continuer leur mouvement. Mais, pour autant, devons-nous y participer, comme évêques, au risque de lui donner un caractère confessionnel ?
30 janvier 2014 – Mariage pour tous [«Je n’irai pas manifester avec eux »]

Chez nous, la baisse du nombre de prêtres est due au caractère soudain d’une révolution culturelle qui date des années soixante. Ce fut un troisième seuil de laïcisation après la Révolution et la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Elle a entraîné en 1945 le transfert à la société civile d’un très grand nombre d’institutions hospitalières, éducatives et scolaires.
26 juin 2014 – Ordination d’un prêtre

Nous n’envisageons pas la famille seulement sous l’angle du couple. On parle souvent de la préparation au mariage, mais la préparation à la vie relationnelle, affective, sexuelle, n’attend pas que les gens soient en couple. Il y a toute une réalité et la société française est en carence.
29 novembre 2014 – Famille [après le Synode à Rome]

Si la disparition d’un frère, d’un ami, d’un mari et d’un papa, nous laisse à ce point blessés, meurtris, littéralement sidérés par la souffrance, c’est que notre existence humaine s’inscrit dans la logique de l’amitié et de l’amour.
14 janvier 2015 – Attentat à Charlie Hebdo
[Obsèques de Michel Renaud, journaliste Clermontois, assassiné lors des attentats à Charlie Hebdo]

Face à ces attaques fanatiques, imprévisibles et imparables, il ne faut pas se laisser paralyser par la peur. Nous sommes invités à nous tenir dans la prière d’intercession pour la paix et les artisans de paix, car Dieu seul peut toucher les cœurs les plus endurcis.
15 novembre 2015 – Attentats de Paris

L’appel du pape ne fait que renforcer les actions engagées. Mais vu l’ampleur des déplacements de populations, les initiatives privées ne suffiront pas. Une concertation entre les associations et les pouvoirs publics est nécessaire.
8 septembre 2015 – Réfugiés

Nous vivons à une époque où des gens répètent que Dieu est méchant. Son cœur est ouvert pour accueillir ceux qui le cherchent et même ceux qui ne le cherchent pas. C’est à nous, par nos actes, de témoigner de cela. Concrètement, cela peut prendre mille formes. Par exemple : être prêt à faire un travail d’accueil des réfugiés, à leur faire une place dans notre société.
9 janvier 2016 – Réfugiés

Il n’y a pas de contradiction entre le fait d’être croyant et respecter la laïcité, bien au contraire.
9 janvier 2016 – Laïcité

Il faut vivre avec sa souffrance, faire l’expérience de la dépendance, de la fatigue, c’est surtout ça qui m’a déterminé.
17 mars 2016 – Démission d’Hippolyte Simon

Vidéos

Dernière interview d’Hippolyte Simon avant son départ de Clermont [2016]
https://dioceseclermont.wmaker.tv/Entretien-avec-Mgr-Simon_v443.html↗︎

70 ème anniversaire de l’ordination de Karl Leisner par Mgr Piguet, en camp de concentration à Dachau. Hippolyte Simon avait souhaité faire un pèlerinage sur place en présence de jeunes de son diocèse et du père Bernard Lochet Vicaire Général [2015]
https://dioceseclermont.wmaker.tv/Il-y-a-70-ans-a-Dachau-ordination-de-Karl-Leisner_v335.html↗︎

Hippolyte Simon avait créé en 2010 la web TV du diocèse et avait lui-même participé à l’animation de plusieurs émissions de présentation didactique du Concile Vatican II. Ici « qu’est-ce qu’un concile œcuménique » ?
https://dioceseclermont.wmaker.tv/Qu-est-ce-qu-un-concile-oecumenique-par-Mgr-Simon_v94.html↗︎

Ouvrages

»  Marx, l’État et la Liberté, Esprit no 11 [novembre 1977]
» Chrétiens dans l’État moderne, Cerf, 1984 [2e édition 2012, préfacée par A. Grosser]
» Église et Politique, Centurion, 1990
» Les Vocations, Documents épiscopat, mars-avril 1992
» Vers une France païenne ?, Éditions Cana, Paris, 1999 [ISBN 2-86335-069-2]
» Libres d’être prêtres, Les Éditions de l’Atelier, 2001
» La Liberté ou les Idoles ?, Éditions Cana / Desclée de Brouwer, 2002
» Les catholiques et l’Europe [Commission des épiscopats de la Communauté européenne], Bayard, 2006. Préface de Jean-Marie Lustiger, postface de Jacques Delors.
» Vous qui cherchez Dieu, voici un GPS, Desclée de Brouwer, 2010 [ISBN 978-2220061771].

 

À propos de l’Ordination de Karl Leisner
en camp de concentration par Mgr Piguet

 

Éditorial de Mgr Simon publié dans plusieurs médias
et conservé en archives par la Conférence Épiscopale Française

Un modèle de discernement et de cohérence

Déporté à Dachau, ce diacre allemand y est ordonné prêtre en décembre 1944 par Mgr Piguet, l’un des prédécesseurs de Mgr Simon comme évêque de Clermont, lui-même déporté durant la seconde guerre mondiale. Saint Jean Paul II, en le béatifiant le 23 juin 1996, l’a donné en exemple à la jeunesse européenne.

« Lorsque j’ai été nommé évêque de Clermont, en mai 1996, j’ai eu la surprise de découvrir que l’un de mes prédécesseurs, Mgr Gabriel Piguet, avait été déporté à Dachau, de septembre 1944 à mai 1945. Quelques jours plus tard, j’ai été invité à participer à la messe de béatification de Karl Leisner et de Bernhard Lichtenberg, célébrée dans le stade olympique de Berlin soixante ans, jour pour jour, après l’inauguration des Jeux olympiques par Adolf Hitler.

Ainsi donc, là même où le nazisme avait voulu édifier le culte de la « race supérieure », Jean Paul II donnait en exemple à la jeunesse européenne deux figures éminentes de la résistance allemande au nazisme. À la veille des JMJ de Cologne, où l’on parlera aussi beaucoup de Édith Stein, il est important que nous les fassions connaître aux jeunes qui vont se rassembler autour du pape Benoît XVI.

Karl Leisner est né en 1915 à Rees, au bord du Rhin, au nord-ouest du diocèse de Münster. Responsable d’un mouvement de jeunesse catholique, il discerne immédiatement le caractère pervers du régime hitlérien. Son journal intime en atteste dès le mois de mars 1933. Karl Leisner met en garde les jeunes dont il est l’animateur. Ceci lui vaut d’être surveillé par la police politique. En 1934, il commence ses études de théologie à Münster. Après un rude combat intérieur, il est ordonné diacre le 25 mars 1939.

Atteint par la tuberculose, il doit séjourner au sanatorium de Saint-Blaise, en Forêt noire. C’est là qu’il est arrêté, le 9 novembre 1939, pour avoir manifesté son regret devant l’échec d’un attentat contre Hitler. Il est interné, d’abord à la prison de Mannheim, puis au camp de Sachsenhausen, et enfin à Dachau, fin 1940.

À l’arrivée de Mgr Gabriel Piguet, évêque de Clermont, le 6 septembre 1944, les amis de Karl Leisner reprennent espoir de le voir ordonné prêtre. Commencent alors des préparatifs étonnants : les prêtres déportés doivent agir dans la clandestinité pour obtenir les lettres dimissoriales de la part des évêques de Munich et de Münster. Une jeune postulante, sœur Imma Mack, sert d’agent de liaison pour le courrier. Finalement, Karl Leisner est ordonné prêtre le 3e dimanche de l’Avent, 17 décembre 1944, au cours de la messe célébrée dans la fameuse « baraque des prêtres » de Dachau. Il meurt le 12 août 1945, quelques semaines après la libération du camp.

À soixante ans de distance, cette ordination prend un relief étonnant. Elle préfigure une Europe réconciliée, consciente de son enracinement évangélique et ecclésial. Le bienheureux Karl Leisner est vraiment pour tous les Européens un intercesseur et un modèle de discernement et de cohérence dans les engagements.

 Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont » 

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