Les obsèques de Paul Coutard, gardien et sacristain de la Cathédrale, ont été célébrées le 4 décembre


Monsieur Paul Coutard, gardien et sacristain de la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption pendant plus de 14 ans, s’est endormi dans la paix du Seigneur.

Ses obsèques ont été célébrées en la Cathédrale le vendredi 4 décembre 2020.

 

 

Le mot d’accueil

          La communauté paroissiale de Notre-Dame de Clermont accueille Monsieur Paul Coutard qui vient de quitter brutalement, victime de la pandémie, notre monde visible pour entrer dans le royaume du Père.

Elle accueille fraternellement son épouse Antoinette, sa famille, tous ses proches et ses amis venus l’accompagner et prier pour lui. Elle pense aussi à ceux qui sont absents, unis en ce moment à nous par la prière.

La cathédrale Notre-Dame en son Assomption veut entourer aujourd’hui de ses prières reconnaissantes son fidèle gardien et sacristain, qui pendant plus de 14 années, a veillé sur elle, l’a soignée, ornée, fait visiter à tant et tant de fidèles et de voyageurs. Cette cathédrale était une véritable maison de famille pour lui. Il s’y sentait bien et sa présence discrète, que tous appréciaient, veillait sur tous ses trésors et ses liturgies.

C’est que Paul Coutard avait une profonde vocation. Né en 1962 en Mayenne, il avait, dès l’adolescence, choisi le service de Dieu. Son séjour de 22 années dans l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes avait marqué et enrichi son âme de croyant. Il n’oubliait pas cet ancien engagement, le plus essentiel sans doute pour lui. Homme de prière, il lisait régulièrement son bréviaire, où il suivait les offices tout au long du jour.

Depuis 2013, son existence avait changé ; une rencontre avait été suivie d’un mariage au Cameroun en 2017 avec Antoinette, qu’on appelait Jeancy en Afrique et qu’il continuait à appeler ainsi. Son épouse évoque sa douceur, sa gentillesse, son amour du travail et, par-dessus tout, sa foi inébranlable : « Dieu était tout pour lui. »

Nous demanderons à Dieu, durant cette messe, de lui faire miséricorde, de lui donner cette paix qu’il a toujours cherchée, de le combler de son amour.

Puisse-t-il entendre ta voix, Seigneur, lui dire : « Entre ici, bon et fidèle serviteur ! »

Pour la communauté paroissiale
de Notre-Dame de Clermont,
Gérard Bocholier

 

 

 

L’homélie

          Vous les proches de Paul Coutard vous êtes dans la souffrance, celui que vous aimez vous a quittés beaucoup trop tôt. Nous sommes autour de vous pour vous soutenir dans cette épreuve : nous espérons  que notre présence, notre prière et notre solidarité effective vous apporteront du réconfort.

Nous aussi, nous sommes dans la peine. Ayant eu moi-même à prévenir beaucoup de personnes du décès de Paul, j’ai pu constater les réactions des uns et des autres : Paul était très estimé pour son service et pour sa personnalité. Sa discrétion n’était pas un effacement, ni seulement une timidité, mais l’expression d’une grande gentillesse et d’un profond respect.

Dans ce moment d’épreuve écoutons saint Paul nous dire : « il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance. » Dans cette Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption Paul a été un gardien, un accueillant, un sacristain et nous tenons à exprimer la reconnaissance du Diocèse et de la paroisse Notre-Dame de Clermont pour son travail précis et méticuleux ainsi que pour ses compétences en liturgie. Mais ici à la Cathédrale, Paul a été un priant. Durant son séjour à l’hôpital, alors que son essoufflement l’empêchait de parler, il a demandé une ardoise pour écrire : « priez pour moi ». Dans sa vie de famille, comme dans son travail, Paul priait 7 fois par jour. Il est ainsi resté fidèle au rythme de la vie monastique qu’il a connue à l’abbaye de Solesmes. Comme le dit le psaume 118 : « Sept fois par jour je te loue pour tes justes décisions. »

L’Évangile que nous venons d’entendre correspond tout à fait à Paul. On aurait même envie de dire que ces paroles de Jésus ont été écrites pour lui. « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. » Paul a vraiment vécu sa vie de disciple comme serviteur et il a conjugué ensemble les verbes veiller et prier. Paul  nous a quittés la veille de l’entrée dans le temps de l’Avent qui est le temps de l’attente du retour du Seigneur. Son Seigneur, Paul l’a recherché et l’a trouvé dans la vie religieuse, dans le mariage et dans son service d’Église. Dans la parabole que nous venons d’entendre Jésus nous dit que le maître qui a trouvé son serviteur vigilant l’invite à se mettre à table et se met à le servir. Au cœur de notre peine et de notre souffrance cette parole de Dieu nous invite à croire que maintenant le Seigneur Jésus se met en tenue de service et prend soin de lui. Paul a souvent préparé l’autel pour le repas du Seigneur, ce repas qui annonce que le Christ est mort et ressuscité et que nous serons pour toujours avec lui. Maintenant c’est le Seigneur qui prépare la table pour lui et se met à le servir.

Paul nous manque. Nous ressentons douloureusement son absence. Mais nous sommes invités à garder en mémoire le témoignage qu’il nous a donné. Et ce témoignage ne peut pas mourir car Paul a été parmi nous une belle figure évangélique. Il a en particulier été un reflet des Béatitudes : « Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux. », « Heureux les doux, ils auront la terre en partage. » Au cours de cette Eucharistie nous rendons grâce à Dieu de nous avoir donné Paul comme époux, père, frère, oncle, ami, et comme témoin de la foi et de la prière.

Paul qui a si bien servi la maison de Dieu sur cette terre va sûrement être comme chez lui dans la Maison du Père et nous pouvons l’entendre prier avec le psaume qui a été choisi pour l’accompagner aujourd’hui : « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. » Je n’ai aucune difficulté à entendre le Christ lui dire en toute vérité : « Très bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle, entre dans la joie de ton Seigneur. »

Père Paul Destable,
Curé de la paroisse Notre-Dame de Clermont,
Recteur de la Cathédrale